Des origines à nos jours…

La présence humaine à Nanterre remonte sans doute à la préhistoire, puisque des silex taillés ont été trouvés au bord de la Seine et sur les pentes de Mont-Valérien. Cette histoire, sans cesse complétée d’épisodes nouveaux, a créé des liens de solidarités, des souvenirs et des traditions ancrés dans la mémoire collective ; elle a formé l’identité des Nanterriens.

La cité gauloise
Les fouilles archéologiques effectuées en 1993 et 2003 ont mis au jour l’ancienne cité gauloise au lieu-dit Les Guignons sur le tracé de l’autoroute A86, à proximité d’un bras fossile de la Seine. La découverte fortuite en 1899, près de l’hôpital Max-Fourestier, d’une tombe à char, sépulture d’un personnage de haut rang, atteste l’importance du bourg qui reste le centre religieux des Parisii après la conquête romaine comme le prouve la découverte d’un trésor monétaire en 1904, dans la cour de l’hôpital.
Vers le milieu du IIe siècle avant notre ère, un vaste habitat gaulois couvrait le quartier du Chemin de l’Ile et le vieux centre-ville. Les fouilles menées en 2003, à l’angle des avenues Jules-Quentin et Benoît-Frachon ont mis au jour un quartier résidentiel, un lieu de rassemblement, ainsi qu’un mobilier riche et abondant.
Pourtant, la zone occupée à cette époque n’est pas encore circonscrite, s’étendant au moins jusqu’au site de l’ancienne fonderie Montupet et sous le centre-ville, notamment au niveau du Passage du Quignon et de la rue du Docteur-Foucault.

Mais Nanterre était déjà occupée par des populations celtiques dès la fin du IVe siècle avant J.C. : un de leurs cimetières a été fouillé en 2003 au Chemin-de-l’lle. Une trentaine d’individus, dont des hommes en armes, s’était installée au sein de cette vaste boucle de la Seine, probablement pour contrôler les échanges commerciaux et en tirer bénéfice.
Les découvertes des fouilles archéologiques, de 1993 et 2003 notamment, ont permis de réaliser la grande exposition : Nanterre et les Parisii… Une capitale au temps des Gaulois ? » présentée du 11 avril au 14 juin 2008.

Nanterre entre dans l’histoire
C’est à Nanterre que naquit Sainte Geneviève vers 426. Selon sa biographie rédigée vers 520, soit dix-huit ans après sa mort, les évêques Loup de Troyes et Germain d’Auxerre se rendant en Angleterre se seraient arrêtés à Nanterre pour prier. Au cours de cette étape, ils auraient demandé à Geneviève de se consacrer à Dieu.
Sainte Geneviève aurait soigné la cécité de sa mère avec l’eau du puits ; dès lors celui-ci fut réputé miraculeux et fit l’objet de nombreux pèlerinages. A la mort de ses parents, Geneviève est recueillie chez une tante à Paris. On lui attribue une influence importante dans la conversion au christianisme du roi franc, Clovis, qui fonde en 508 l’abbaye de Sainte-Geneviève à Paris, dont Nanterre deviendra une possession.

Nanterre au Moyen Age
Le village s’est développé autour de l’église ; en 1973, des fouilles archéologiques effectuées devant la cathédrale ont mis au jour des sarcophages mérovingiens.
L’abbaye de Sainte-Geneviève est seigneur de Nanterre. Elle exerce sa charge temporelle, perçoit les droits y afférant et exerce ses droits de haute et basse justice. Elle assure également sa charge spirituelle, le prieur de la communauté religieuse étant aussi curé de Nanterre.

La charte d’affranchissement des serfs de Nanterre
En 1247, le roi Louis IX signe la charte d’affranchissement des serfs de Nanterre.
Ce document nous permet de faire connaissance avec les habitants de cette époque et de leurs métiers, tels ; Evroin Chardeporc, le charcutier, ou Radulph Fouacier, le boulanger.
Cependant, l’abbaye conserve tous ses droits de seigneurie, justice, censive, coutumes, taille, corvées, etc.

Les chroniques mentionnent les affres de la guerre de Cent Ans : le bourg est plusieurs fois pillé, les habitants pendus, l’église incendiée (seul le clocher subsiste).
Les guerres de Religion apporteront leur lot de misère et de violences.

En 1634, l’abbaye de Sainte-Geneviève nomme un jeune curé prieur, Paul Beurrier, qui a pour mission de reprendre en main les affaires spirituelles et temporelles fort délaissées, et de créer un séminaire pour la formation de nouveaux moines.
De 1634 à 1688, Paul Beurrier accomplira sa mission avec zèle. Il convertit, de gré ou de force, les familles réformées, relance les pèlerinages au puits de Sainte-Geneviève et fait construire un collège, dont la première pierre est posée en 1642 par la reine Anne d’Autriche.

Ses bonnes relations avec la reine lui permettent de sauver les habitants du bourg, des représailles de la troupe, pour ne pas avoir respecté le blocus infligé aux Parisiens pendant la Fronde…

Nobles et bourgeois s’établissent à Nanterre.
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Le terroir cultivé comprend un tiers de céréales, un tiers de vignes et un tiers de légumes ; il est parsemé de réserves à gibier pour les chasses royales.
On exploite des carrières souterraines de pierre à bâtir.

Le Mont-Valérien, habité par quelques ermites, est devenu un haut lieu religieux et un calvaire y a été édifié.

La place de la Boule royale est aménagée au XVIIIe siècle.
Un florissant relais de la Poste Royale aux chevaux
apparaît avec précision sur la carte de Cassini dressée en 1733, occupant le terrain situé au bas de l’actuelle avenue Georges-Clemenceau au carrefour de la Boule. En 1778, sur le plan détaillé du bourg de Nanterre apparaissent le tracé et la description de la propriété de Jean-Louis Petit, maître de la Poste Royale aux chevaux.
A la veille de la Révolution Française, le sieur Petit Jean Bernardin, Maître de la Poste à Nanterre est imposé à 141 Livres et 14 sols au titre de la Taille. Ce qui lui vaut la première place dans la liste des habitants imposés.
Taille_1789_Nanterre_Petit

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Nanterre et la Révolution de 1789
En 1789, les Nanterriens rédigent leurs cahiers de doléances. Ils demandent la suppression des réserves à gibiers, des impôts injustes, des corvées et des droits abusifs des moines génovéfains. Le 4 août 1789 les délivre des privilèges. Le 29 août, la justice seigneuriale est abolie.
Le 7 février 1790 est élue la première municipalité, au suffrage censitaire : le maire est Jérôme Barot. Nanterre n’affiche pas un grand zèle révolutionnaire ; la révolution interrompt les échanges avec Paris et prive les Nanterriens de ressources. Après la victoire de Jemmapes, les volontaires veulent rentrer au pays pour les vendanges mais devant le refus de leurs supérieurs, ils se mutinent.
L’église devient « temple de la Raison », la Société populaire y tient ses réunions. Le collège est devenu école militaire. Les biens des Génovéfains et des prêtres du Calvaire sont vendus comme biens nationaux.
Nanterre accueille avec soulagement le 9 thermidor. François Hanriot, né le 2 décembre 1759, natif de Nanterre, devenu général, commandant de la garde nationale, est guillotiné le 10 thermidor (28 juiilet 1794) avec Robespierre.

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Le 24 août 1837 est inaugurée la première ligne de chemin de fer pour voyageurs. Elle relie Paris au Pecq, puis à Saint-Germain-en-Laye. La mise à niveau de la voie a nécessité le creusement d’une tranchée au lieu-dit La Folie et l’édification d’un remblai d’environ 800 mètres entre la rue Pascal et le lieu-dit Le Vieux Pont. La vieille route de Nanterre à Chatou est obstruée, un pont est construit, appelé le pont de Biais. Un autre pont sera construit en 1907 permettant de relier le centre-ville au nouveau quartier du Chemin-de-l’lle. Nanterre est ainsi coupé en deux et les voies peuvent être franchies à la gare, par un passage à niveau. Un autre est situé à la halte de La Folie.

L’arrivée du chemin de fer favorisera l’installation d’une population nouvelle. Un quartier se développe près de la gare ; des Parisiens aisés font construire des maisons de campagne, puis des employés et des ouvriers de condition plus modeste s’installent progressivement dans le quartier du Chemin-de-l’lle.
Nanterre reste un village agricole ; on y élève aussi des porcs et des abattoirs-échaudoirs ont été construits dés 1819, rue de Colombes (rue Raymond Barbet).

L’industrialisation
Les premières industries sont directement liées à l’élevage : suiferie, fabrique de noir animal, fabrique de colle. Une fonderie d’aluminium s’établit au Moulin-Noir.
L’industrie commence véritablement à se développer à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Les industriels trouvent à Nanterre de vastes terrains, bon marché, éloignés de l’agglomération, principalement le long de la Seine où ils aménagent des quais de déchargement.

En 1891, s’installe une fabrique de bâches et en 1903, la papeterie du « Petit Parisien ». En 1901, le Docteur Pierre établit une usine pour la fabrication de préparations hygiéniques de dentifrices et d’alcools de menthe, devenue les entrepôts Natalys actuellement.
En 1903, un boulanger, Charles Heudebert, invente la biscotte, achète une biscuiterie rue Henri-Barbusse et établit une usine de production de produits alimentaires de régime.

En 1887, le département de la Seine construit un établissement destiné à divers usages: dépôt de mendicité, maison de répression, hospice de vieillards, accueil d’indigents. Deux Présidents de la République effectuèrent une visite officielle à la « Maison Départementale »: Félix Faure en juin 1897 et Raymond Poincaré en mai 1913.
La « Maison Départementale de Nanterre » est aujourd’hui devenue le CASH (Centre d’accueil et de soins hospitaliers). Poincare_MdN_1913
La guerre de 1914-1918 contribue à l’apport d’industries qui fuient les zones de combat. Nanterre paye un lourd tribut de souffrance à la guerre : 814 noms sont gravés sur le monument commémoratif.

Après la guerre, l’industrialisation se poursuit et toutes les branches de production sont représentées : chimie, parfumerie, laboratoires pharmaceutiques, métallurgie, fonderies, alimentation et enfin l’industrie automobile et ses annexes (fabriques d’accumulateurs et d’accessoires). Ainsi, Nanterre est le lieu de production de grandes marques, Simca, Willeme, Lanvin, Forvil, Heudebert, Campari…

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En outre, l’Etat a acquis de vastes terrains sur lesquels seront établis un camp de matériel aéronautique et un dépôt de la régie des tabacs, où seront construits en 1964 la faculté, et en 1987 la maison d’arrêt.
Les travailleurs employés dans ces industries cherchent à s’établir à proximité.
Les terrains de culture sont peu à peu lotis de façon anarchique, de pavillons, de maisonnettes ou de baraques, selon les moyens de chacun.
En 1935, une municipalité est élue sous l’étiquette « Unité d’action antifasciste » ; le maire, Raymond Barbet, est un jeune cheminot communiste. La nouvelle municipalité entreprend une politique de développement des équipements sociaux, de viabilité des quartiers et d’aide sociale.

1939-1945 Seconde Guerre mondiale
La peste brune répand sa chape d’horreurs sur l’Europe. Raymond Barbet est arrêté, il s’évadera et rejoindra la Résistance. Des juifs, des antifascistes sont déportés. Cent cinquante-trois Nanterriens sont tués. La Résistance s’organise, mais plus de quatre mille cinq cents patriotes de tous horizons seront fusillés au Mont-Valérien. Après la Libération, tout est à reprendre.

Les bidonvilles des années 50
A Nanterre, on compte, en 1968, neuf bidonvilles dont les deux plus importants regroupaient 5 233 habitants. Tous les bidonvilles étaient construits par les habitants eux-mêmes. Ils n’étaient pas alimentés en eau potable qu’il fallait aller chercher à la fontaine publique. On y vivait sans aucun confort, dans la crainte permanente des maladies, des rats et des incendies.

Les HLM
En 1951, à l’initiative de Raymond Barbet est créé l’OPHLM (Office public d’habitations à loyer modéré). La création de cet organisme répondait au besoin urgent de logements sociaux, consécutif aux destructions de la guerre, à l’apport massif d’une population nouvelle de travailleurs et au « baby-boom ». De 1951 à 1971, plus de 6 000 logements sont bâtis, sur les terrains disponibles.
Au fil des ans, ces constructions seront complétées par des équipements de quartiers nécessaires aux habitants : dispensaires, écoles, crèches, maisons des jeunes, bibliothèques, mairies de quartier.

Nanterre, ville préfecture
Au milieu des années 60, l’université Paris X ouvre ses premiers amphithéâtres et accueille des étudiants de plus en plus nombreux.
L’évolution de la ville se poursuit ; le développement des moyens de transport, avec notamment l’arrivée du RER et la construction des autoroutes, facilite et appelle de nouvelles entreprises.
Dans le même temps, l’industrie, qui avait marqué les années 50-70, a tendance à disparaître, telles les usines Citroën, Montupet, Solex.
Par contre, des activités nouvelles s’installent : des entreprises d’électronique et d’électrotechnique, d’informatique comme EDS, les services et les bureaux ainsi que des entreprises liées au développement durable comme le SYCTOM, occupent une place de plus en plus importante.
L’urbanisation et la construction de logements se poursuivent avec la fin de l’aménagement du quartier du Parc, mais, en même temps, la rénovation du vieux centre-ville…

La tragédie de 2002
Le 27 mars 2002, alors que le maire levait la séance du Conseil municipal peu après 1 h du matin, un homme qui se trouvait dans les rangs du public ouvrait le feu sur les élus de Nanterre.
Avant d’être maîtrisé, il avait eu le temps de tuer huit personnes et d’en blesser dix-neuf autres. Le surlendemain, le meurtrier se suicidait en se défenestrant à la préfecture de police où il était interrogé.
Quelques jours plus tard, une foule immense de Nanterriens et de citoyens d’autres communes rendait hommage aux victimes, en présence du Président de la République et du Premier ministre.

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