La culture de la vigne à Nanterre

La commune de Nanterre rend hommage à cette part  importante de sa population dans son histoire par l’installation dans le parc des Anciennes-Mairies d’une statue représentant un «couple de vendangeurs au retour des vignes» œuvre du sculpteur Pierre Curillon.

Bulletin N°26 de la SHN –
Les Fontenelles histoire d’un quartier de Nanterre

Articles de la S.H.N. dans Nanterre info
rappelant le passé viticole de Nanterre

La rue de Courbevoie chemin des Coudes et des Groues (1) – avril 1992
Le chemin des Groues fait suite à celui des Coudes. Son nom évoque des terres pierreuses propices à la culture de la vigne. Cette dernière a longtemps été une ressource importante. A la veille de la Révolution, elle domine et l’emporte sur les terres labourables. Les vignerons vendent leur production aux barrières de Paris, ils alimentent en partie les bourgeois de Rouen, ils abreuvent les manouvriers dans les cabarets des moindres villages. Cette situation changera au cours du 19e siècle. En 1903, il ne reste plus que 12 hectares de vigne contre 934 hectares de terres labourables, en cultures, en jachères ou en prairies artificielles. La concurrence des vins de meilleure qualité en provenance d’autres régions de France, l’invasion de l’oïdium et du mildiou, et la succession d’années plutôt froides, provoquent le déclin du vignoble.

L’avenue Félix-Faure autrefois avenue de Puteaux (1) – février 1994
Partant de la route de Paris, actuelle avenue Georges-Clemenceau, l’avenue Félix-Faure rejoint la route de Charles X, actuelle route des Fusillés de la Résistance. Elle monte entre les lieux-dits «Les bochoux» qui désignent un endroit parsemé de buissons et de bosquets, et «Les corbons», qui évoquent les corbeaux évoluant au-dessus des vignes et des vergers qui couvrent encore les pentes du Mont-Valérien au début du siècle.

La rue des Fontenelles autrefois chemin des Hautes-Fontenelles (1) – décembre 1995
 Le territoire du chemin des hautes-Fontenelles est planté de vignes et l’’abbé Lebeuf, curé de nanterre, mentionne qu’en 1740 , le vin récolté est consommé sur place à raison du pélérinage à la chapelle Sainte-Geneviève. En 1861, population de 3.549 habitants  171 propriétaires de vignes se plaignent auprès du maire des détériorations commises tous les ans dans les plans de vigne par les chasseurs  et ils demandant l’interdiction de chasser avant les vendanges.

 Il y a 100 ans les paysans de Nanterre – novembre 2000
Le 22 janvier, les cultivateurs fêtent la Saint-Vincent. Ils se rendent en procession à la messe, quatre gardes-messiers, armés chacun d’une hallebarde enrubannée, encadrent la bannière du saint patron des vignerons. La cérémonie perpétue la tradition vigneronne, mais le saint vendangeur est resté impuissant devant les effets conjugués des maladies de la vigne (notamment le mildiou), de la concurrence des vins du Midi, des ligues de moralité antialcoolique.

Rues de Nanterre dont le nom
rappelle le passé viticole de la commune

Source: Dictionnaire historique des rues de Nanterre

POUVINS (chemin des)
Voie publique longue d’environ 500 mètres débutant rue Castel Marly et se terminant au lieu-dit « les Pouvins » à la hauteur du sentier des Champs aux Raies – l’actuelle rue des Ombraies -.
Ce chemin vicinal n° 6 deviendra, après élargissement de sa partie inférieure, la rue de Chanzy à la fin du 19ème siècle et la rue Joseph Terneau en 1907 pour la partie située au sud de l’avenue du Maréchal Joffre.
Devait son nom au lieu-dit « les Pouvains », souvent orthographié pouvins, situé sur les pentes du Mont-Valérien où le sol était propice à la culture de la vigne – une rue des Vignes existe toujours dans ce secteur -.
On rencontre ce mot dans le registre des ensaisinements des propriétés terriennes sous la forme de prouvins ou prouvines. Or le prouvinage était une technique de marcottage de la vigne  utilisée autrefois.
Pouvin pourrait également être une altération du mot pouzin qui était une variété de cépage résistant aux gelées.
Quoiqu’il en soit, ce nom semble bien avoir un rapport étroit avec la culture de la vigne.

POUVINS (allée des)
Voie publique longue de 108 mètres, réservée aux circulations douces, commençant avenue Vladimir-Ilitch-Lénine et finissant rue Abdelmalek-Sayad. Cette petite voie a été réalisée lors de l’aménagement de la ZAC Sainte-Geneviève comprenant un ensemble de logements édifiés sur le site des anciens établissements Dinin. Par délibération du 17 mai 2011, le conseil municipal tint à rappeler certaines appellations anciennes du terroir de la ville, que la mémoire collective avait tendance à oublier. Outre le lieu-dit « les Pouvins », parfois orthographié «Pouvains», situé sur les plus basses pentes du Mont-Valérien et dont le nom figure toujours sur les plans cadastraux, il existait également un sentier des Pouvins et un chemin des Pouvins qui, tous deux, passaient à proximité de ce nouveau quartier. On rencontre ce mot dans le registre des ensaisinements des propriétés terriennes sous la forme de «prouvins» ou «prouvines». Or le prouvinage était une technique de marcottage de la vigne utilisée autrefois. «Pouvin» pourrait également être une altération de «pouzin» qui était une variété de cépage résistant aux gelées. Quoi qu’il en soit ce nom semble bien avoir un rapport étroit avec la vigne dont la culture s’étendait, jusqu’à la fin du XIXe siècle, sur les pentes du Mont-Valérien. 

POUVINS (sentier des)
Chemin qui partait du centre du bourg à la hauteur du chemin des Pouvins et se dirigeait vers Rueil, il portera ensuite le nom de chemin de la Croix de Rueil, qui deviendra ensuite l’actuelle rue de la Croix après son élargissement à la fin du 19ème siècle.

VIGNES (rue des)
Voie longue de 109 mètres débutant rue des Suisses et se terminant rue des Ombraies. L’ouverture de la rue fut décidée en 1926 afin de relier ses deux voies parallèles. Elle doit son nom aux vignes qui, au début du 20ème siècle, tapissaient encore les pentes du Mont-Valérien.

VIGNES (rue des)
Par délibération du 28 juin 2005, le conseil municipal avait décidé de prolonger la rue des Vignes* jusqu’à l’avenue Joffre. Ce prolongement, aujourd’hui réalisé, est bordé par des immeubles d’habitation dont une résidence universitaire. La rue a été inaugurée le 27 janvier 2007, en même temps que la sculpture monumentale de deux artistes locaux, les frères Turpin.

VAILLANT-COUTURIER (rue Paul)
Voie longue de 1580 mètres commençant place de la Boule et se terminant en limite de Suresnes au droit de la route des Fusillés de la Résistance.
C’est l’ancienne route du Calvaire empruntée par les pèlerins se rendant au calvaire et à l’église dédiée à la Sainte-Croix, tous deux édifiés par un prêtre Hubert Charpentier entre 1634 et 1650.
Ces pèlerinages cesseront définitivement en 1831, date à laquelle sera démoli le calvaire.
En 1841, la forteresse du Mont-Valérien est édifiée, et peu de temps après une route dite stratégique contournant le Mont-Valérien est ouverte dans le prolongement de la route du Calvaire. C’est le futur chemin de grande communication n° 3 qui, au début du 20ème siècle, deviendra la route du Mont-Valérien. A cette époque la voie traverse une zone de carrières mais aussi de vignes et de vergers.
En 1904, la Compagnie des eaux de la banlieue de Paris installe une usine de traitement des eaux dans la partie haute de la route. Modernisée, elle alimente encore aujourd’hui les communes de la presqu’ile de Gennevilliers.
Non loin de là, au n° 270, est construite en 1936 la chapelle Sainte-Bernadette de l’architecte Venner.
En 1937, le Conseil municipal lui donne le nom de Paul Vaillant Couturier, fondateur et président de l’Association Républicaine des Anciens Combattants. Militant communiste actif, ardent défenseur du Front Populaire, il occupera les fonctions de rédacteur en chef de l’Humanité de 1926 à sa mort en 1937.
Le 21 février 1940, la délégation spéciale, qui administre la ville, décide de rétablir l’ancienne dénomination de la voie qui redevient rue du Mont-Valérien. Mais après la libération de Nanterre, le 7 septembre 1944, la municipalité annulera cette décision et la rue redeviendra rue Paul-Vaillant-Couturier nom qu’elle porte encore aujourd’hui.
L’après-guerre voit la commune s’urbaniser et peu à peu les immeubles remplacent les pavillons. C’est ainsi qu’en 1953, à l’angle de l’allée des Marronniers, la mairie fait construire un immeuble destiné à reloger les sinistrés de l’effondrement des carrières de la rue Diderot. Sur ce même terrain, quelques années plus tard est réalisé un complexe sportif. Face à cet équipement, sur un vaste terrain acquis par la commune, l’Office Public d’H.L.M* de Nanterre réalise l’ensemble immobilier « les Damades » des architectes J. Darras et Y. Bedon.
En 1975, la Compagnie des Eaux de la Banlieue (C.E.B) confie, aux mêmes architectes, la construction de son nouveau siège au n° 300 de la rue. La fontaine monumentale est l’œuvre de l’artiste R. Juvin.
Enfin, en 1993, pour répondre aux besoins d’une population de plus en plus nombreuse la municipalité confie au cabinet d’architectes L.T.T.R. la construction à l’angle avec l’avenue des Marguerites d’un équipement comprenant une mairie de quartier, une crèche et une salle polyvalente.

RIGAULT (rue)
Voie publique longue de 294 mètres commençant rue de Stalingrad et se terminant rue Maurice Thorez.
C’est l’ancien chemin de la Procession qui devait son nom aux nombreuses processions qui se déroulaient à l’occasion des fêtes religieuses : pour la Saint-Vincent  la plus connue peut-être, patron des vignerons – également pour la Saint-Roch  patron des carriers et paveurs, mais connu aussi pour les guérisons miraculeuses qu’on lui prétait – et bien sûr pour fêter Geneviève la sainte locale.
Par délibération du 15 juin 1869 le Conseil municipal dénommera le chemin rue François Rigault pour remercier ce Nanterrien, auteur d’un legs de 300 francs destiné à secourir les nécessiteux de la ville et du don d’un terrain situé rue de la Mairie (actuellement des Anciennes Mairies) sur lequel sera édifiée, plus tard, la salle des fêtes.
En 1888, la municipalité décide d’élargir la rue à 8 mètres. Elle constitue alors avec la rue de la Mairie, le vicinal ordinaire n° 4 ; et devient le chemin qu’empruntent de nombreux nanterriens pour se rendre à la gare. Face à cette gare précisément, la municipalité en 1909 achètera à la Compagnie des Chemins de Fer de l’Ouest un terrain qui sera aménagé en square : l’actuel square de la Gare.

VOLANT (rue)
Voie longue de 380 mètres débutant place Jean Baptiste Plainchamp et se terminant rue Maurice Thorez. Cette rue figure sous ce nom sur tous les plans du vieux bourg à partir du 16ème siècle. Elle reliait alors la porte Saint-Denis à la rue aux Vaches qui conduisait elle-même à la porte aux Vaches.
Le « plan terrier » de 1688 établi en perspective cavalière, nous montre un urbanisme déjà très dense pour l’époque, et le plan détaillé du bourg levé en 1778 nous donne pour la première fois la nature de l’utilisation des parcelles : presque toutes sont occupées par une maison avec cour entourée de basse-cour, cellier, écurie ou étable, ce qui ne laisse aucun doute sur la profession des occupants, des cultivateurs, éleveurs ou vignerons pour la plupart.
Même la parcelle n° 13 appartenant à la « Maison Sainte-Geneviève » est occupée par une ferme subvenant aux besoins des pensionnaires du Collège Royal.
La fin du 19ème siècle voit une évolution dans les métiers de la terre : les « vacheries » apparaissent, un nourrisseur s’installe au n° 32, un éleveur de porcs possède également un abattoir-brûloir privé au n° 34, la rue Volant reste bien le « ventre de Nanterre ».
A cette même époque la rue est dotée de trottoirs et élargie conformément à l’arrêté d’alignement de 1853.
En 1891, le curé de la paroisse, l’abbé Delaumosne fonde au n° 74 un pensionnat de garçons où l’enseignement est assuré par des religieux : c’est l’actuelle école Sainte-Geneviève.
Aujourd’hui, les anciens bâtiments ruraux ont, pour beaucoup, été réhabilités et sont devenus des logements ou des locaux artisanaux.
Il est probable que le nom de la rue a pour origine la forme de son tracé légèrement courbe ou « voilé » mot devenu au fil des temps voilant puis volant ; hypothèse préférable à une relation quelconque avec le jeu avec raquettes et volant dont, par ailleurs, on ne trouve aucune trace dans les environs.

SAINT-CLOUD (rue de)    
Voie publique longue de 855 mètres commençant place de la Boule et se terminant en limite de Rueil. C’est l’ancien chemin du Poirier de Saint-Cloud qui contournant l’ermitage du Mont-Valérien conduisait à la ville voisine de Saint-Cloud.
Le chemin passe par le lieu-dit « les Hauts Gibets » qui nous rappelle la présence, au Moyen-Age, de bois de justice, justice rendue par le juge de Rueil dépendant de l’abbaye de Saint-Denis.
Au 15ème siècle, les gibets semblent avoir laissé place à un moulin à vent dont on trouve la trace des propriétaires à partir du 18ème siècle.
A la fin du 19ème siècle, le chemin du Poirier de Saint-Cloud devient chemin de Saint-Cloud, puis rue, après son classement dans la voirie communale en 1909.
Au début du 20ème siècle le chemin traverse les carrières Saint-Sulpice, dont le propriétaire est Monsieur Gérard, des champs, vignes et vergers. La seule habitation d’importance est le château des frères Chauveau, riches industriels qui ont acheté le moulin des Gibets et décoré le parc de sculptures provenant des démolitions d’Haussmann à Paris.
En 1933 est inauguré le groupe scolaire Jules Ferry construit face aux carrières Saint-Sulpice ; en 1949 la commune achètera la propriété du Moulin des Gibets pour en faire un centre aéré maternel et en 1971 restaurera le moulin dont les ailes tournent de nouveau aujourd’hui.

VALENCIENNES (rue de)
Voie longue de 1.028 mètres qui commençait rue de Courbevoie et se terminait rue de Douai.

C’est l’ancien chemin des Basses Groues – groues, graies, grés désignant des terres mêlées de pierres généralement propices à la culture de la vigne – qui traversait une zone de carrières dont plusieurs appartenaient à Madame Fieffe à la fin du 19ème siècle.
En 1909, la commune décide de redresser le tracé du chemin et de l’élargir. Il devient alors le rural n°18 et comme de nombreuses rues avoisinantes on lui donne le nom d’une commune du nord de la France (voir villes du Nord de la France).
La rue subira plusieurs déclassements successifs entre 1967 et 1973 et, ainsi que le stade de Puteaux qu’elle desservait, elle disparaîtra définitivement lors de la réalisation de l’autoroute A 14 et l’aménagement du quartier du Parc.

SAINT-MAURICE (pas)
Ce canton de soixante arpents en « mesure du Roy et non locale », soit environ 21 hectares – ce qui n’est pas rien – était une dépendance de Nanterre bien qu’enclavée dans le territoire de Suresnes.
La carte des résultats des cantons du terroir de Nanterre dressée en 1781 montre que les terres qui le composaient étaient essentiellement destinées à la culture de la vigne la tradition est conservée puisque la vigne municipale de Suresnes a été plantée à cet endroit – et sans habitations  d’importance. Cette enclave était reliée au calvaire du Mont-Valérien par un petit chemin d’environ 300 mètres.
L’explication la plus plausible du nom du canton semble provenir du fait qu’il se trouvait sous la juridiction, ou le « pas », de la congrégation des prêtres du Mont-Valérien qui en était propriétaire et dépendait de la paroisse de Nanterre dont le patron était Saint-Maurice, cet officier romain qui au 3ème  siècle fut massacré avec ses soldats pour avoir refusé de persécuter les chrétiens. La légende en fera l’empreinte du sabot du cheval du Saint.
A la Révolution, la vente des biens nationaux ayant appartenus à une congrégation religieuse priva les prêtres du Mont-Valérien de leur possession et le 25 messidor de l’an IV de la République (13 juillet 1796), la commune de Nanterre céda à sa voisine suresnoise les 60 arpents du Pas Saint-Maurice.

 

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